© Maxime Coté / Centre du Théâtre d’Aujourd’hui /mars 2016

DEHORS

À l’annonce du décès de son père, Arnaud, correspondant de guerre, revient à la ferme familiale après plus de dix ans sans donner de nouvelles. N’y reste que son frère Armand. Entre les deux, la terre s’ouvre, le fossé se creuse, le silence croît… Les vieilles blessures remontent à la surface. Chargé de la furie brutale des guerres du monde, obsédé par les chiens féroces qui le poursuivent, la rage de son frère, les paroles énigmatiques d’une adolescente sauvage et les oracles d’un ours mystérieux, Arnaud doit retrouver le chemin de son existence vers un endroit qu’il pourrait appeler chez lui.

 

« Le territoire et l’identité sont intimement liés. La notion de peuple et les individus qui le composent sont forgés par le paysage qui porte leur histoire. On voudrait nous faire croire que le territoire et l’identité sont immuables, fixes, délimités. On tranche des frontières dans le paysage et dans le visage des nations; on clôture les gens et les champs, et ainsi, peu à peu, on irrigue le territoire de rancune et de violence. On transmet ensuite cette mémoire par le sang, au fil des générations. Les frères en sont traumatisés, les pères perdus, et on remet aux femmes la quête d’un autre monde à l’abri du règne du plus fort. Face au choc des civilisations qui caractérise notre ère, ces concepts de territoire et d’identité sont cruciaux. Il faut les défricher. »

                                                   Philippe Ducros, metteur en scène, à propos de Dehors

 

Dehors a bénéficié du soutien de la Fondation Cole, du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts de Montréal et du Secrétariat du Québec aux relations canadiennes.

Texte Gilles Poulin Denis

 

Mise en scène Philippe Ducros

 

Avec Robin-Joel Cool, Jean-Marc Dalpé, Marie-Ève Fontaine, Patrick Hivon, Isabelle Roy, Richard Thériault, Boris Letarte et Miko Mathieu (enfants).

 

Assistance à la mise en scène Charlotte Ménard

Dramaturgie  Maureen Labonté

Scénographie Geneviève Lizotte

Costumes Maude Audet

Musique Ludovic Bonnier

Éclairages Thomas Godefroid

Vidéo Lionel Arnould

Direction Technique Tibeau Mathews

Chef vidéo (tournée) Simon Gauthier

Régisseure de tournée Stéphany Béliveau

Direction de production Clémence Doray

Direction administrative Marie-Christine André

Responsable des communications Marie Semel

Relations de presse Karine Cousineau communications

Diffusion Suzie Larivée

Ce qu’en dit la presse

 

L’auteur fransaskois Gilles Poulin-Denis écrit une pièce qui interroge, avec une lucidité radicale, le retour du fils prodigue sur la terre de ses ancêtres. – Le Droit, Maud Cucchi, 29 mars 2017 –

 

Ne laissant aucun répit tout en amplifiant la magnifique poésie et le sens du texte de Gilles Poulin-Denis, le travail de direction de Philippe Ducros est à la fois grandiose et respectueux des thématiques et des symboles. – La Bible Urbaine, Alice Côté-Dupuis, 15 mars 2017 –

 

La pièce a un bon rythme, est très bien écrite et les décors sont magnifiques. Une belle réussite selon moi. – Yulorama, Suzie C.Giguère, 15 mars 2017 –

EXTRAIT

 

Arnaud : Un jour, il a dit: « Mets ta main devant ta face »
Le garçon a treize ans, l’autre huit.
Il a dit : « Y’a un moment dans la vie d’un ti-gars. Et puis, sa main, si elle est assez grande, on peut presque dire que c’est un homme. Tu peux rentrer dans le bois.Tu y vas, tu regardes les arbres, pis t’en choisis un. En fait, tu le choisis pas. Tu le vois, pis tu sais que c’est lui. Tu sors du chemin, tu cales dans la neige jusqu’aux genoux.Tu pars la chainsaw, pis tu le tues. Faut que tu tombes l’arbre pour laisser grandir les autres »

Illiana : Tu crois être perdu? Être perdu c’est croire que la vie sera comme tu penses et sans douter que demain ton voisin essaie de tuer ta famille, la ville est assiégée, le chant des oiseaux est remplacé par le cri des obus. C’est être perdu, ça! Sa vie s’écrouler avec les murs de l’immeuble. Les nuits sans dormir dans le sous-sol, se demander si tout ne va pas tomber sur la tête. Au début, on continue de vivre, essayer le mieux qu’on peut. Tu crois que tu es vivant, toi? Je ne crois pas, non. Me sauver, voilà ce que je voulais. Je suis restée. Devoir rester pour l’autre qui ne peut pas partir, lui. Devoir rester pour l’autre, car sinon il est seul dans cet enfer. Vivre, c’est notre façon de résister, de combattre. Dans des boîtes qui sentent la peur, le sang, la haine, à danser toute la nuit. Danser quand même, comme si ça n’existe pas. Aujourd’hui, c’est fini. Mais ils reviennent demain et ça recommence. »

DATES

Création

Centre du Théâtre d’Aujourd’hui – Montréal (Québec, Canada)

Du 7 au 25 mars 2017


Autres dates

Centre National des Arts – Ottawa (Ontario, Canada)

Du 29 mars au 1er avril 2017

 

Théâtre Cercle Molière – Winnipeg (Manitoba, Canada)

Du 23 novembre au 09 décembre 2017

PUBLICATIONS

Le texte est publié aux éditions L’Instant Même.