© Maxime Coté / Théâtre Espace Libre /mars 2018

LA CARTOMANCIE DU TERRITOIRE

La cartomancie du territoire est un texte composé de témoignages et de réflexions intimes et géopolitiques, sous forme d’un road trip sur la 132 et la 138.  

 

Ainsi commence un nouveau cycle d’écriture. Un cycle sur notre rapport à la terre, au territoire qui nous porte, le territoire de ce que nous sommes. Sur les réserves autochtones et les réserves naturelles, sur la colonisation du territoire et de la pensée. Rencontrer ces gens qu’on ignore mais qui sont les descendants du sol sur lequel on vit, ce sol que l’on piétine, que l’on pille. Rencontrer ceux-là mêmes qui nous ont guéri du scorbut. Ceux qu’on appelait sauvages, qu’on kidnappait vers les pensionnats où sommeillait l’horreur la plus noire. Réfléchir sur l’impact des spiritualités amérindiennes dans le mode de pensée québécois, occidental.

 

Philippe a donc entrepris de sillonner le territoire des 11 nations du Québec, comme il l’a fait pour ses autres projets en Palestine, en Israël, en République démocratique du Congo et à bien d’autres endroits. Il a voulu voir ces gens en bordure de nos villes, constater leurs conditions de vie. Mesurer le déracinement et les ravages de l’endoctrinement. Serait-ce encore tabou que de définir notre responsabilité devant la désolation de certaines réserves, devant l’absence de sens, et l’errance mentale et physique dont les amérindiens ont hérité? Ne plus laisser les enfants mourir la bouche collée au tuyau d’échappement. Ne plus laisser notre mémoire s’envoler par la gueule du tuyau d’échappement.

 

 

La cartomancie du territoire a bénéficié du soutien de la Fondation Cole, du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Montréal.

 

La cartomancie du territoire a également bénéficié d’une résidence de création chez Recto-Verso.

Texte et mise en scène Philippe Ducros


Interprétation Marco Collin, Philippe Ducros et Kathia Rock

 

Traduction vers l’innu-aimun Bertha Basilish et Evelyne St-Onge

 

Assistance à la mise en scène et régie Jean Gaudreau

Répétiteur Xavier Huard

Images Éli Laliberté

Conception vidéo Thomas Payette / HUB Studio

Intégration vidéo Antonin Gougeon / HUB Studio

Éclairages Thomas Godefroid

Musique Florent Vollant

Conception sonore  Larsen Lupin

Direction technique Samuel Patenaude

Direction de production Marie-Hélène Dufort

Aide aux accessoires et costumes Robin Brazill

 

Direction administrative Marie-Christine André

Communications Marie Semel

Relations de presse Karine Cousineau communications

Conception graphique Thomas Csano

Réalisation captation et bande annonce Camion productions

« La cartomancie du territoire brille par sa pertinence. Un théâtre qui résonne au cœur de la cité. »

– Voir.ca, Jérémy Laniel

 

« C’est une pièce de théâtre coup de poing […] que vous devez absolument allez voir. »

– Le 15-18, ICI Radio-Canada Première, Catherine Richer

 

« Au-delà de l’excellence de la performance des deux comédiens autochtones Katia Rock et Marco Collin […] nous ne pouvons aussi qu’avoir un très grand respect pour eux qui ont accepté d’incarner la douleur mais aussi l’honneur et la dignité de ces Premières Nations. » 

– artsetculture.ca, Christiane Dubreuil

 

« La cartomancie du territoire, de Philippe Ducros, déconstruit habilement les préjugés face aux Premières Nations dans notre pays. […] un travail bien documenté et nécessaire. » 

– La Presse +, Mario Cloutier

 

« Avec La cartomancie du territoire, l’auteur metteur en scène humaniste […] livre une formidable leçon de vivre et devenir ensemble. » 

– Scena Musicale, Nathalie de Han

 

« … l’état des lieux se dresse surtout à travers les témoignages d’autochtones rencontrés par Ducros […] il fait preuve d’un respect indéniable envers une culture de laquelle il espère qu’on puisse apprendre la survie, à l’heure où l’humain met son environnement en danger. » 

– Le Devoir, Marie Labrecque

 

« […] la création théâtrale et vidéographie qu’est La cartomancie du territoire est un dialogue pertinent et sans oeillères. »

– ICI Radio-Canada/Espace Autochtones, Sophie-Claude Miller

 

« S’il est un thème fondamental, éminemment rassembleur, qui supporte le spectacle, […] c’est celui du bien commun: À travers leur combat, c’est notre survie à tous qui se joue. La protection du bien commun, de la beauté, la décolonisation de notre pensée, l’appropriation de notre destinée, de la langue qui l’imagine et la transmet, et du territoire qui la porte. » 

– revuejeu.org, Christian Saint-Pierre

 

« Il offre surtout une conclusion pleine de lumière : ‘’Je ne suis pas toi. On vous a tout volé. Je ne volerais pas aujourd’hui votre identité.’’ Cette quête de la place exacte à prendre éclate de justesse dans les tout derniers mots de la pièce : ‘’toi qui a su te relever, apprends-nous la survie’’ . Il me semble, oui, que la place de celui, de celle qui apprend, c’est un bon point de départ pour que la rencontre redevienne possible. Le geste artistique surgit parfois comme une médecine particulièrement puissante – la parole devient ce chemin partagé, ce passage par lequel se reconnaître, et commencer à réparer les dégâts.

Est-ce que la littérature peut être un lieu de réconciliation véritable ? J’ai besoin de le croire. Comme j’ai besoin de croire que certains mots prononcés en fiction sont porteurs d’un pouvoir de réparation réel, concret. Je dépose dans cette croyance une part de mon espérance, de ma solidarité, et un souhait : que notre présent opaque redevienne peu à peu lisible. Qu’on y défriche quelque chose comme un futur commun. Et qu’on puisse y demander pardon pour nos retards. » 

– Véronique Côté, 04 mars 2017, Le Devoir (à propos du texte La cartomancie du territoire)

 

« À partir de ses rencontres et expériences de voyage, Ducros signe un texte vibrant. L’auteur pointe tour à tour notre ignorance volontaire et collective du passé, notre indifférence, le pouvoir accordé aux minières et autres exploiteurs de ressources, le manque d’autorité du gouvernement… – cette Cartomancie du territoire sait émouvoir et secouer (…) Ducros n’évite aucun sujet, abordant aussi les problèmes les plus connus des réserves : le taux d’alcoolisme, de délinquance et de suicide. Mais l’auteur va au-delà des chiffres (nécessaires pour prendre conscience de cette réalité) pour donner la parole aux témoins qu’il a rencontrés pendant son périple. Sur scène avec lui, le comédien Marco Collin et l’auteure-compositrice-interprète Kathia Rock (solide), tous deux d’origines autochtones, livrent le texte en français et en innu.

Car avant de parler d’appartenance, il convient d’abord de parler de dépossession : celle, historique, des Premiers Peuples depuis l’arrivée des Blancs, et celle qui a cours aujourd’hui, par les multinationales et les entreprises affamées des richesses naturelles de notre territoire. » 

– Daphné Bathalon, 06 mai 2015, montheatre.qc.ca (à propos de Réserves – Phase 1 : La cartomancie du territoire, Festival du jamais lu, Éditions 2015)

 

« À l’hiver 2015, j’ai décidé d’arrêter de détourner le regard. D’aller voir. Avec l’intuition qu’à travers eux, je comprendrais mieux. Je comprendrais ce qui se passe derrière le paysage de notre modernité, derrière ces pipelines qu’on veut greffer à ses veines, ce pétrole qu’on s’injecte et cette mémoire qu’on coupe à blanc. Comprendre aussi un peu l’épuisement où m’ont plongé mes semaines de 80 heures, cet esclavage moderne que je me suis moi-même imposé. Moi, en tant que peuple, moi, en tant qu’artiste. Moi en tant qu’homme défriché, miné, vidé de ses réserves. En tant qu’homme colonisé. »
- Extrait de La cartomancie du territoire –

DATES

Création

Théatre espace libre 

du 27 mars au 07 avril 2018

Une première version a été lue dans le cadre de l’édition 2015 du Festival du Jamais Lu.


Lectures publiques (saison 2016-2017)

Nous avons présenté ce texte sous forme de lecture spectacle à trois voix (Philippe Ducros, Kathia Rock et Marco Collin), avec chant, vidéo et musique, pour quelques instantanés sur le territoire. 

PUBLICATIONS

Le texte est publié dans la collection Pièces des éditions Atelier 10.