« À l’hiver 2015, j’ai décidé d’arrêter de détourner le regard. D’aller voir. Avec l’intuition qu’à travers eux, je comprendrais mieux. Je comprendrais ce qui se passe derrière le paysage de notre modernité, derrière ces pipelines qu’on veut greffer à ses veines, ce pétrole qu’on s’injecte et cette mémoire qu’on coupe à blanc. Comprendre aussi un peu l’épuisement où m’a plongé mes semaines de 80 heures, cet esclavage moderne que je me suis moi-même imposé. Moi, en tant que peuple, moi, en tant qu’artiste. Moi en tant qu’homme défriché, miné, vidé de ses réserves. En tant qu’homme colonisé. »

Extrait de La cartomancie du territoire            

 

Ainsi commence un nouveau cycle d’écriture. Un cycle sur notre rapport à la terre, au territoire qui nous porte, le territoire de ce que nous sommes. Sur les réserves autochtones et les réserves naturelles, sur la colonisation du territoire et de la pensée. Rencontrer ces gens qu’on ignore, mais qui sont les descendants du sol sur lequel on vit, ce sol que l’on piétine, que l’on pille. Rencontrer ceux-là mêmes qui nous ont guéri du scorbut. Ceux qu’on appelait sauvage, qu’on kidnappait vers les pensionnats où sommeillait l’horreur la plus noire. Réfléchir sur l’impact des spiritualités amérindiennes dans le mode de pensée québécois, occidental.

Philippe a donc entrepris de sillonner le territoire des 11 nations du Québec, comme il l’a fait pour ses autres projets en Palestine, en Israël, en République démocratique du Congo et à bien d’autres endroits. Il a voulu voir ces gens en bordure de nos villes, constater leurs conditions de vie. Mesurer le déracinement et les ravages de l’endoctrinement. Serait-ce encore tabou que de définir notre responsabilité devant la désolation de certaines réserves, devant l’absence de sens, et l’errance mentale et physique dont les amérindiens ont hérité? Ne plus laisser les enfants mourir la bouche collée au tuyau d’échappement. Ne plus laisser notre mémoire s’envoler par la gueule du tuyau d’échappement.

La cartomancie du territoire intime dresse un bilan de ces recherches. Elle est composée de témoignages et de réflexions intimes et géopolitiques. Elle prend la forme d’un road trip sur la 132 et la 138. Philippe en fait la lecture, accompagné de deux artistes Innus : Kathia Rock et Marco Collin.


VOUS POUVEZ ÉCOUTER CES DEUX INTERVIEWS POUR EN SAVOIR PLUS :

Philippe Ducros, lors d'un entretien à l'émission L'heure de pointe, présentée par Jean-Pierre Girard, sur Radio-Canada, 30/11/16.

Philippe Ducros, Kathia Rock et Marco Collin, lors d'une interview à CHUCK FM, 02/12/16.



DATES PASSÉES (LECTURES PUBLIQUES) :

Nous avons présenté ce texte sous forme de lecture spectacle à trois voix, avec chant, vidéo, et la musique de Florent Vollant, pour quelques instantanés sur le territoire. 

La Maison de la littérature de Québec : jeudi 24 novembre, 20h

Agora des arts de Rouyn-Noranda : mercredi 30 novembre, 20h

Vieux couvent de Saint-Prime : vendredi 02 décembre, 21h. À 19h, avant le spectacle, une oeuvre a également été présentée. Elle a été créée en résidence par trois artistes locaux et inspirée du spectacle.


La cartomancie du territoire

De Philippe Ducros


Avec Marco Collin, Philippe Ducros et Kathia Rock
Musique de Florent Vollant 
Production et régie de Charlotte Ménard

Une production HÔTEL-MOTEL

Première version créée dans le cadre de l'édition 2015 du Festival du Jamais Lu


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