La cartomancie du territoire est un texte composé de témoignages et de réflexions intimes et géopolitiques, sous forme d’un road trip sur la 132 et la 138. 

CRÉATION // THÉÂTRE ESPACE LIBRE (du 27 mars au 07 avril 2018).


Une première version a été créée dans le cadre de l'édition 2015 du Festival du Jamais Lu.


Lectures publiques (saison 2016-2017)

Nous avons présenté ce texte sous forme de lecture spectacle à trois voix (Philippe Ducros, Kathia Rock et Marco Collin), avec chant, vidéo et musique, pour quelques instantanés sur le territoire. 

La Maison de la littérature de QuébecAgora des arts de Rouyn-NorandaVieux couvent de Saint-Prime.


Ainsi commence un nouveau cycle d’écriture. Un cycle sur notre rapport à la terre, au territoire qui nous porte, le territoire de ce que nous sommes. Sur les réserves autochtones et les réserves naturelles, sur la colonisation du territoire et de la pensée. Rencontrer ces gens qu’on ignore, mais qui sont les descendants du sol sur lequel on vit, ce sol que l’on piétine, que l’on pille. Rencontrer ceux-là mêmes qui nous ont guéri du scorbut. Ceux qu’on appelait sauvage, qu’on kidnappait vers les pensionnats où sommeillait l’horreur la plus noire. Réfléchir sur l’impact des spiritualités amérindiennes dans le mode de pensée québécois, occidental.

Philippe a donc entrepris de sillonner le territoire des 11 nations du Québec, comme il l’a fait pour ses autres projets en Palestine, en Israël, en République démocratique du Congo et à bien d’autres endroits. Il a voulu voir ces gens en bordure de nos villes, constater leurs conditions de vie. Mesurer le déracinement et les ravages de l’endoctrinement. Serait-ce encore tabou que de définir notre responsabilité devant la désolation de certaines réserves, devant l’absence de sens, et l’errance mentale et physique dont les amérindiens ont hérité? Ne plus laisser les enfants mourir la bouche collée au tuyau d’échappement. Ne plus laisser notre mémoire s’envoler par la gueule du tuyau d’échappement.



« À l’hiver 2015, j’ai décidé d’arrêter de détourner le regard. D’aller voir. Avec l’intuition qu’à travers eux, je comprendrais mieux. Je comprendrais ce qui se passe derrière le paysage de notre modernité, derrière ces pipelines qu’on veut greffer à ses veines, ce pétrole qu’on s’injecte et cette mémoire qu’on coupe à blanc. Comprendre aussi un peu l’épuisement où m’a plongé mes semaines de 80 heures, cet esclavage moderne que je me suis moi-même imposé. Moi, en tant que peuple, moi, en tant qu’artiste. Moi en tant qu’homme défriché, miné, vidé de ses réserves. En tant qu’homme colonisé. »

Extrait de La cartomancie du territoire            

 

Festival du Jamais Lu, 2015 © David Ospina


CE QU'EN DIT LA PRESSE

'' Il offre surtout une conclusion pleine de lumière : ‘’Je ne suis pas toi. On vous a tout volé. Je ne volerais pas aujourd’hui votre identité.’’ Cette quête de la place exacte à prendre éclate de justesse dans les tout derniers mots de la pièce : ‘’toi qui a su te relever, apprends-nous la survie’’ . Il me semble, oui, que la place de celui, de celle qui apprend, c’est un bon point de départ pour que la rencontre redevienne possible. Le geste artistique surgit parfois comme une médecine particulièrement puissante – la parole devient ce chemin partagé, ce passage par lequel se reconnaître, et commencer à réparer les dégâts.

Est-ce que la littérature peut être un lieu de réconciliation véritable ? J’ai besoin de le croire. Comme j’ai besoin de croire que certains mots prononcés en fiction sont porteurs d’un pouvoir de réparation réel, concret. Je dépose dans cette croyance une part de mon espérance, de ma solidarité, et un souhait : que notre présent opaque redevienne peu à peu lisible. Qu’on y défriche quelque chose comme un futur commun. Et qu’on puisse y demander pardon pour nos retards.''

- Véronique Côté, 04 mars 2017, Le Devoir (à propos du texte La cartomancie du territoire) - .

 

'' À partir de ses rencontres et expériences de voyage, Ducros signe un texte vibrant. L’auteur pointe tour à tour notre ignorance volontaire et collective du passé, notre indifférence, le pouvoir accordé aux minières et autres exploiteurs de ressources, le manque d’autorité du gouvernement… – cette Cartomancie du territoire sait émouvoir et secouer.

Ducros n’évite aucun sujet, abordant aussi les problèmes les plus connus des réserves : le taux d’alcoolisme, de délinquance et de suicide. Mais l’auteur va au-delà des chiffres (nécessaires pour prendre conscience de cette réalité) pour donner la parole aux témoins qu’il a rencontrés pendant son périple. Sur scène avec lui, le comédien Marco Collin et l’auteure-compositrice-interprète Kathia Rock (solide), tous deux d’origines autochtones, livrent le texte en français et en innu.

Car avant de parler d’appartenance, il convient d’abord de parler de dépossession : celle, historique, des Premiers Peuples depuis l’arrivée des Blancs, et celle qui a cours aujourd’hui, par les multinationales et les entreprises affamées des richesses naturelles de notre territoire.''

- Daphné Bathalon, 06 mai 2015, montheatre.qc.ca (à propos de Réserves – Phase 1 : La cartomancie du territoire, Festival du jamais lu, Éditions 2015) -


DEUX INTERVIEWS POUR EN SAVOIR PLUS

Philippe Ducros, lors d'un entretien à l'émission L'heure de pointe, présentée par Jean-Pierre Girard, sur Radio-Canada, 30/11/16.

Philippe Ducros, Kathia Rock et Marco Collin, lors d'une interview à CHUCK FM, 02/12/16.


La cartomancie du territoire

De Philippe Ducros


Avec Marco Collin, Philippe Ducros et Kathia Rock
Éclairages : Thomas Godefroid
Vidéo : Éli Laliberté et Thomas Payette de Hub Studio
Musique : Florent Vollant 
Assistance à la mise en scène et régie : Jean Gaudreau
Conception sonore : Larsen Lupin
Direction technique : Samuel Patenaude
Direction de production : Marie-Hélène Dufort
Administration : Marie-Christine André
Communications : Marie Semel

Le texte est publié dans la collection Pièces des éditions Atelier 10.



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