BIBISH DE KINSHASA

est l’adaptation du roman « Samantha à Kinshasa » de Marie-Louise Bibish Mumbu, écrit en 2008 en sa ville d’existence, Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, et réédité en 2015, en sa ville de résidence, Montréal.

Le spectacle a été créé en Octobre 2015, au théâtre Espace Libre à Montréal. 

Nous sommes partis en tournée durant toute la saison. Quel bonheur pour nous d'avoir pu porter cette parole partout au Québec! On espère revenir bientôt. N'hésitez pas à suivre notre actualité...

Une journaliste quitte son pays natal, le lieu de ses amours et de ses deuils, en quête d’un futur meilleur. En plein Airbus, le vertige la surprend. A-t-elle bien fait ? Elle plonge alors dans ses souvenirs et se remémore ce qu’elle quitte. Au fur et à mesure que se déroule cette soirée festive où se côtoient les odeurs, les vapeurs et la cacophonie du Congo, la nouvelle immigrante nous guide à travers les rues et les différents quartiers de cette mégapole qu’est Kinshasa, 4e ville la plus peuplée d’Afrique. Peu à peu, on y rencontre la faune de cette capitale si puissante, ses jeunes en pleine guerre vestimentaire, ces enfants des rues et ces enfants soldats, ces chauffeurs de Kombi, ce transport en commun où s’entasse la population en quête de la pitance de la journée, etc.

À mi-chemin entre une bouffe entre amis et une discussion géopolitique, cette visite guidée des souvenirs du personnage est interrompue par des échanges décontractés entre l’auteur et le metteur en scène, sur les réalités du Congo, sur ses enjeux et ses liens avec le Canada. Depuis 1994, sévit en République démocratique du Congo, le conflit le plus meurtrier depuis la Deuxième guerre mondiale. 3 à 6 millions de Congolais y sont morts. Or, les différentes milices s’arment en vendant à rabais les zones qu’ils occupent aux minières internationales. Et on dit que 75 % de l’industrie minière mondiale aurait le Canada comme lieu d’enregistrement[1].

Aloubé, qui a également traversé la grande avenue, les rejoint, le regard mauvais et sa mitraillette pointée sur eux. Puis, sans un mot, après un regard derrière lui, un autre vers la gauche puis vers la droite, il baisse son arme, s’attable avec eux et sert la troisième bière dans le troisième verre… Santé !

EXTRAIT : Couvre-chef puis couvre-feu


[1] http://www.monde-diplomatique.fr/2013/09/DENEAULT/49598



BIBISH DE KINSHASA est disponible pour la tournée 


Pour visionner la bande-annonce





Avec Gisèle Kayembeaccompagnée de Marie-Louise Bibish Mumbu, Philippe Ducros et de Papy Maurice Mbwiti


Texte de Marie-Louise Bibish Mumbu

Adaptation théâtrale et mise en scène de Philippe Ducros

Assistance à la mise en scène Manon Claveau

Éclairages Thomas Godefroid

Scénographie Julie Vallée-Léger

Direction technique Caroline Turcot

Technique et Régie Samuel Patenaude

Régisseure de tournée Valérie Côté

Direction administrative Marie-Christine André

Direction de tournée Charlotte Ménard

Communications Marie Semel




Les projets HÔTEL-MOTEL sont représentés par Suzie Larivée, de la Compagnie Larivée Cabot Champagne

Le roman Samantha à Kinshasa est publié chez Recto Verso



EXTRAIT : Les Kadogos

C’est donc en caïd qu’il débarque à Kinshasa dans ses bottes en caoutchouc d’éboueur, son uniforme des « Forces armées de libération » trop grand pour lui et son arme qui pèse la moitié de son poids. Les gens l’applaudissent, des grandes personnes. On l’appelle « libérateur », les femmes l’embrassent et se donnent à lui, des mamans lui donnent de l’argent, à manger, certains les utilisent comme gardes du corps, d’autres vont les chercher pour trancher même des petites palabres familiales. On leur donne de l’importance ! Ça lui fait un peu de bien d’oublier l’horreur de la vraie guerre, du sang, des morts, des copains qui y ont laissé leur peau. Même si, quelque part, il est foutu, car désormais la violence, la mort, ça le connaît.

Un jour, il tombe sur un « vélodrome » à Bandal. Du coup son regard s’illumine, il abandonne ceux qu’il escorte et se dirige vers un des vélos. Le jeune ado qui encaisse n’ose pas lui dire que c’est payant. Les Kadogos étant connus dans toute la capitale pour avoir la « gâchette facile ». Hugo Boss comprend de lui-même qu’il doit des sous, fouille ses poches vides et se rappelle que cent dollars sont vite brûlés à Kinshasa. Comme il a trop envie d’un tour de vélo, contre toute attente, faute de sous, il donne en gage au jeune ado sa grosse mitraillette, enjambe le vélo et se met à rouler comme un damné. Dix minutes, trente-cinq minutes, une heure… Ascari Hugo Boss retrouve ses traits d’enfant et s’amuse avec ce vélo chèrement emprunté comme le gamin qu’il est et qui a grandi trop vite ! Un spectacle inédit !

Parce que le monde a crié au scandale, les Kadogos sont aujourd’hui démilitarisés. Tu parles ! Hugo Boss est passé d’« enfant soldat » à « enfant de la rue». Il cherche juste à survivre dans ce Kin la belle, la poubelle, la plus belle.


Recette de makayabu façon québécoise

Plein de morue salée, avec les os et la peau.

Des oignons,

Des poivrons de couleurs différentes, (très important qu’il y ait plus d’une couleur!)

Huile de canola

 

Dessaler la morue la veille.

Dans une poêle, mettre un peu d’huile… Un peu plus que ça… encore un peu… Oui, c’est ça.

Ajouter les oignons, et les poivrons hachés en dés.

Ajouter la morue sortant de son eau, coupée en morceau, avec les os et la peau.

Cuire devant public en buvant un verre.

 

Servir avec de la chikwangue.

Et de la sauce piquante !

 

Manger avec les mains.

 

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