HÔTEL-MOTEL

 

Les productions Hôtel-Motel portent ce nom parce qu’elles souhaitent sortir le spectateur des cuisines du Québec, le faire voyager, afin que la question identitaire propre à notre coin du monde soit ancrée dans une vision macroscopique, en concordance avec les enjeux mondiaux actuels. Son directeur artistique Philippe Ducros puise une grande partie de son inspiration dans ses multiples voyages. Il veut livrer ses préoccupations au public, le porter ainsi à regarder le monde comme une série de vases communicants.

 

Depuis sa création, HÔTEL-MOTEL a créé une dizaine de pièces présentées à Montréal, au Québec, en Europe et en Afrique.

MOT DU DIRECTEUR ARTISTIQUE

Je est un autre (mot de la direction artistique)

 

Je est un autre disait Rimbaud avant de devenir marchand d’armes dans l’ancienne Éthiopie. En tant qu’artiste, en tant que citoyen, je me suis formé sur les routes, à travers le monde. Peu à peu, mon identité s’est tissée de ces voyages, et mes préoccupations se sont ancrées dans cette globalité. Proche-Orient, Bosnie, Chine profonde, mouroirs de l’Inde, Palestine occupée, camps de réfugiés et convois humanitaires… Voilà le paysage des œuvres issues de HÔTEL-MOTEL, voilà leur particularité. On ne revient pas inchangé de ces descentes aux marges des civilisations. Le traumatisme est réel, les bases de la personnalité en sortent reformulées. Ces gens m’ont offert leurs histoires pour que je les livre au monde. S’en dégagent un sentiment de responsabilité et une urgence qui font des projets qui en découlent, des prises de paroles qui me sont essentielles. J’ai besoin de dire ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu. Je suis un témoin oculaire au procès des nations. Nous le sommes tous mais suite à ces voyages, à ces rencontres, ce rôle m’est devenu incontournable.

 

Cette vision traverse mon œuvre. On la retrouve transformée dans les prochains projets par le désir de revenir chez nous, de regarder notre Occident, les yeux encore hantés par les zones de conflits et les autres violences de la colonisation qui ont marqué ma démarche jusqu’ici. Nos spectacles en construction réfléchissent tous, à leur façon, à la nature du territoire, à ses frontières, sa colonisation, aux migrations qui font pression sur lui, et à l’identité qu’il façonne. Cette démarche me pousse maintenant à réfléchir aux concepts de souveraineté, à notre propre colonisation et à ces impacts sur les autres.

 

Voir de l’autre côté de « l’équilibre mondial ». Comprendre de quoi est construit notre propre confort et réaliser sa fragilité. Voilà notre projet, voilà notre unicité. Et à travers cela, participer à la définition du mot demain.

De plus, aller jusque là-bas, aux marges des civilisations, c’est aussi leur dire que nous ne sommes pas indifférents. Et je crois finalement que c’est surtout parler de soi. Ce moi qui devient peu à peu un autre, comme le disait Rimbaud.

 

Philippe Ducros, directeur artistique

Les Productions HÔTEL-MOTEL

HISTORIQUE

Les Productions HÔTEL-MOTEL ont été fondées en 2000 pour la production du spectacle Le 4e Round, écrit et mis en scène par Philippe à Espace Libre. Épopée ludique et mystique autour du monde de la boxe, la pièce se passe entre l’Éthiopie et la Turquie et a comme toile de fond le massacre des Arméniens.

Depuis, nous avons produit près d’une dizaine de projets, dont À la maison! créé en 2008 à Lomé, en Afrique de l’Ouest, en coproduction avec le Théâtre du Mantois de France et la Cie 3C du Togo. Ce triptyque a été joué au Togo, au Bénin, en France et en République tchèque. Notre section, Boulevard Sauvé, offre un portrait d’une Amérique violente de faits-divers à l’ombre de Hollywood.

En décembre 2009, la compagnie produit L’Affiche, sur l’occupation de la Palestine. On y décrit la violence insupportable d’un impossible quotidien. La parole est donnée aux anonymes qui en subissent les impacts, des deux côtés du mur. Pour l’écrire, Philippe est allé à six reprises au Proche-Orient dont trois en Palestine occupée et en Israël. Il a publié deux carnets de voyages et présenté des expositions photo.

À travers ces projets, HÔTEL-MOTEL a aussi produit trois expositions photo autour de l’univers des spectacles, ainsi qu’une exposition solo, La rupture du jeûne, regroupant des photos du Liban, de la Syrie, d’Israël et de Palestine, présentée à la Maison de la culture Frontenac en 2006.

Nous y sommes retournés au printemps 2011 pour y présenter La porte du non-retour, en coproduction avec le Festival TransAmériques. Au lieu d’un évènement monstre pour les 10 ans de la compagnie, nous avons privilégié un bilan introspectif sur l’impact de ces pèlerinages extrêmes à la base de notre démarche. Ce déambulatoire théâtrale et photographique porte sur le rôle des minières canadiennes dans le conflit en République démocratique du Congo qui a fait 6 millions de mort. Pour l’écrire, Philippe est monté à bord d’un vol humanitaire de l’ONU vers le cœur de la zone de conflit. Il n’en n’est jamais tout à fait revenu…

 

En 2012, les productions HÔTEL-MOTEL s’associe à Orange Noyée et Mani Soleymanlou afin de donner voix à un auteur iranien, Nassim Soleimanpour. Ensemble, ils mettent en scène Lapin blanc, lapin rouge. La pièce tourne autour de sa réalité d’artiste sous dictature théocratique. Il ne peut quitter le pays et risque sa vie simplement en prenant la parole. Comme métaphore à ce risque de son geste artistique, ce solo est présenté chaque soir par un comédien différent qui prend connaissance du texte devant le public. La pièce évoque donc, à travers le parcours de l’artiste absent, la situation même des Iraniens.

En 2014, Philippe Ducros met en scène Eden Motel. Le roman sortira la même année. L’histoire raconte l’errance d’un homme noyé dans une dépendance pharmacologique multiple, qui abandonne tout et s’enfuit sur les routes à la recherche d’un sens. Il échoue sur la grève d’un motel d’autoroute. Commence alors un séjour à mi-chemin entre la rédemption et la réhabilitation. On y parle du malaise de l’Amérique, de sa difficulté au bonheur, du contraste entre son opulence et son taux de suicide.

 

En 2015 a lieu la création de Bibish de Kinshasa, une adaptation du roman Samantha à Kinshasa de Marie-Louise Bibish Mumbu. Se passant encore une fois en RDC, ce projet festif fait écho à La porte du non-retour, célébrant cette fois-ci la vie et la résilience de ceux qui restent debout, là-bas, entre la violence et les volcans.

 

L’année suivante, Philippe Ducros met en scène le texte Dehors, de Gilles Poulin-Denis, au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Une histoire de fratrie qui met en avant le territoire et l’identité, qui se retrouvent ici intimement liés. Face au choc des civilisations qui caractérise notre ère, ces concepts deviennent alors cruciaux.

 

L’année 2018 est riche, puisque la compagnie crée deux spectacles, La cartomancie du territoire, au Théâtre Espace Libre, et Première neige/First Snow, en coproduction avec le Théâtre P.À.P et le National Theatre of Scotland.

La cartomancie du territoire parle de notre rapport aux réserves autochtones et aux réserves naturelles. Il parle de la colonisation du territoire et de la pensée. C’est un texte composé de témoignages et de réflexions intimes et géopolitiques, sous forme d’un road trip sur la 132 et la 138. Philippe Ducros a donc entrepris de sillonner le territoire des 11 nations du Québec, comme il l’a fait pour ses autres projets en Palestine, en Israël, en République démocratique du Congo et à bien d’autres endroits. Il a voulu voir ces gens en bordure de nos villes, constater leurs conditions de vie. Mesurer le déracinement et les ravages de l’endoctrinement.

Première neige / First Snow met en avant les concepts de souverainetés individuelles, politiques et mentales. Cette pièce a été coécrite par trois auteurs Davey Anderson, Philippe Ducros et Linda McLean, en réponse au référendum écossais de 2014. Elle est construite sur les similitudes historiques, les divergences politiques et les parentés interculturelles entre l’Écosse et le Québec. Oscillant entre la fiction des personnages et l’histoire réelle des interprètes, elle dessine un vibrant dialogue sur notre capacité à nous émanciper des idées reçues pour « écrire » notre Histoire et envisager notre désir ou notre impuissance à atteindre la souveraineté.

THÉÂTROGRAPHIE

Archives :

  • Les lanceurs de pierres
  • L’affiche
  • À la maison
  • L’assassinat d’Andrew Jackson
  • La rupture du jeûne
  • Le 4ème round
  • Diapodiaspora

ÉQUIPE / C.A.

Équipe

 

Directeur général et artistique Philippe Ducros 

Directrice administrative Marie-Christine André

Adjointe à la direction générale Charlotte Ménard

Diffusion Suzie Larivée 

Communications Marie Semel

Relation de presse Karine Cousineau communications

Conseil d’administration 

 

Président Michel Mongeau 

Vice-président Philippe Ducros

Secrétaire – trésorière Amandine Gauthier

Administratrice Caroline Lavoie

Administrateur Gervais Gaudreault

Administrateur Mario Laquerre

Membre honoraire Monique Blin

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